[For English translation by Diane Crowder, Click here]

 

Réaction  à l'article : Le désir théophanique chez Monique Wittig

de Marie-Jo Bonnet

 

 

Dans le cadre de ce numéro spécial sur Monique Wittig, il nous semble important de réagir à l'article écrit par Marie-Jo Bonnet. Bien sûr, il n'est nullement question ici d'intervenir dans les choix éditoriaux de la revue. Cependant, puisque nos analyses se côtoient  en cette occasion, nous ne pouvions passer sous silence notre profond désaccord avec l'esprit  même de cet article.

 

Nous toutes avons droit à notre interprétation critique de l'oeuvre théorique et littéraire de Monique Wittig. Or, et c'est là que le bât  blesse, l'article de Marie-Jo Bonnet s'attaque moins à l'œuvre  (d'ailleurs tellement méconnaissable pour nous qui  connaissons bien l'oeuvre, que nous ne l'avons pas reconnue dans cette  lecture) qu'à la personne. Elle le fait d'une façon tellement caricaturale que l'on ne peut pas croire qu'il s'agit bien de Monique Wittig telle que nous l'avons toutes connue, pour certaines depuis les années auxquelles l'article de Marie-Jo Bonnet fait référence et pour d'autres depuis  une date plus récente.

 

Nous nous souvenons de ce qu'elle nous disait sur "une certaine façon de faire" qu'elle détestait tant et qui caractérise si bien l'article de Marie-Jo Bonnet; un esprit critique où le sarcasme cherche plus à humilier l'individu qu'à lui faire part d'un désaccord.  Wittig  stigmatise d'ailleurs ces procédés  dans un texte intitulé "Paris-la-politique". Elle dit  que  ce sont là " ...des phénomènes qui sont les mêmes dans tous les groupes politiques "(1).  User de ces méthodes douteuses pour gérer les conflits lui apparaît, ainsi qu'à nous-mêmes, comme infiniment déplorable.

 

Doter Monique Wittig d'un désir théophanique c'est  "altérer le sens" d'une oeuvre qui affirme ne vouloir " ni dieux ni déesses, ni maîtres ni maîtresses "(2). Et c'est de cet esprit là que nous répondons.

 

 

(1)  Monique Wittig, Paris-la-politique et autres histoires, Editions P.O.L, Paris, 1999, p.8.

 (2)   Ibid, p.51.

 

 

 

Louise Turcotte

Dominique Bourque

Natacha Chetcuti

Michèle Causse

Suzette Robichon

Diane  Crowder

Catherine Escarnot

 

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English Translation of Letter: Reaction to the article Theophanic Desire in Monique Wittig by Marie-Jo Bonnet

In the context of this special issue [of Labrys] on Monique Wittig, is seems important to us to react to the article written by Marie-Jo Bonnet. Of course, there is no question here of intervening in the editorial choices of the journal. However, since our analyses all are next to each other on this occasion, we cannot keep silent about our profound disagreement with the spirit of this article.

We all have a right to our critical interpretation of the theoretical and literary work of Monique Wittig. However, and this is the rub, Marie-Jo Bonnet's article attacks less the work (which is in any case so unrecognizable to us who know this body of work well that we cannot find it in this reading) than the person. She does so in such a caricatural way that we can't believe she is referring to Monique Wittig as we have all known her, some of us since the years the article refers to and some of us from a more recent date.

 

We remember what Wittig told us about "a certain way of behaving" that she hated so much, and which so well characterizes Marie-Jo Bonnet's article: a critical spirit in which sarcasm seeks more to humiliate the individual than to inform her of a disagreement. Wittig stigmatizes elsewhere this behavior in a text entitled "Paris-la-politique." She says that these are "...phenomena that are the same in all political groups." [1] Use of these dubious methods to manage conflicts appeared to her, as to us, infinitely deplorable.

To endow Monique Wittig with a "theophanic" desire is to "alter the meaning" of a body of work which states that it wants "neither gods nor goddesses, neither masters nor mistresses."[2] And it is in that spirit that we write.

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